Delphine Lermite

Photographe

L'exposition à Lasécu

  • Lille Renaissance 2015 
  • Octobre-Novembre 2015

L'artiste

  • C’est par le cinéma, que je suis arrivée à la photographie. Par le biais des images
    bavardes et démontées du cinémascope. Et ce besoin de les ralentir. Suspendre. Voir.
    Cadrer. Silence.
    Cette immobilité et ce silence dans mes images s’ancrent sur une méthode de travail
    contemplative, lente. Certains déclenchent vite, à la sauvette ; je prends mon temps,
    prends le temps d’écouter le rythme des lieux, des visages. Prendre le temps qu’on
    m’oublie ; déclencher quand cela n’a plus d’importance. Quand ce qui est là s’agence
    pour moi mais pas à cause de moi.
    Le paysage. Tableaux ou cartes postales ? Paysage-image. Construction par le
    regard qui cadre, agence, délimite. Le territoire, tranché, découpé ; son agencement,
    ses méandres. Raconter les forêts, les lacs, les chemins ; comme on raconte un visage.
    Trait pour trait.
    Constat, description, inventaire. Poésie du document. Mille facettes qui se combinent,
    se tissent, se stratifient pour donner jour à l’image du monde.
    Fragments pour une cartographie. Assembler les indices, les morceaux épars.
    Reconstruire le temps d’un lieu, ses vibrations, son souffle. Décoder les voies de pas-
    sage, les voix soufflées ; les lieux et les âmes. Rendre compte du lieu et des habitants
    ; déceler ce qu’aujourd’hui on nomme urbanité ; percevoir les mesures du paysage.
    Raconter les lieux, les êtres ; les tensions, les ruptures ; les voies, les sédiments. Le
    temps. Décrire et raconter ce qui se donne à voir. Sans histoires, sans anecdotes
  • Très ancré dans le territoire, mon travail se nourrit de temps et de déambulations. Je
    dois m’imprégner, arpenter, me perdre. Tracer la carte. Comprendre sa structure, ce
    qui le soutient et le sous-tend ; dessiner ses limites, esquisser son contour.
    Découper et ré-agencer le territoire, l’ingérer et finalement le rendre images.
    C’est pourquoi le temps est si important dans mon processus artistique. Je dois
    d’abord apprendre à respirer le lieu, sentir son pouls, ses jours, ses nuits. Prendre le
    temps de trouver ce regard qui ne sera pas superficiel et alors seulement, raconter
    mon territoire, raconter comment ce lieu s’organise autour de moi.
    Je cherche avant tout à rendre compte du lieu, à le rendre image et «faire voir le
    visible». Il sagit de laisser le territoire se construire en images : «il ne s’agit plus de
    parler de l’espace ou de la lumière, mais de faire parler l’espace et la lumière qui
    sont là».Je veux laisser l’espace et le temps me regarder comme je les regarde. Je
    regarde et cela me regarde.
    Delphine Lermite, 2015

Infos

Site web de l'artiste :
http://www.delphinelermite.com/

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