Le parcours de Jussi TwoSeven (né en 1983) trouve ses origines dans le graffiti des années 1990. Il n’a suivi aucune formation artistique officielle, mais a fréquenté l’École d’art d’Espoo dès ses 5 ans. Vers 12 ou 13 ans, il s’intéresse au dessin de bande dessinée, avant de développer une véritable fascination pour le graffiti, après avoir entendu les garçons plus âgés raconter leurs escapades créatives nocturnes.
À partir de ce moment, TwoSeven devient un acteur à part entière de l’histoire bien connue du street art, qui a façonné notre passé récent et continue de marquer nos environnements urbains. Cependant, il ne tarde pas à percevoir le graffiti traditionnel comme une pratique fondée sur la copie et le réemploi d’images existantes. Il commence à considérer le graffiti comme un mode d’expression problématique et abandonne ses outils ; jusqu’à ce qu’il découvre l’art du pochoir et reprenne sa pratique au milieu des années 2000.
Pour TwoSeven, ce retour à la création ne repose plus sur la recherche de reconnaissance dans le milieu du graffiti ni sur l’adrénaline des escapades nocturnes. Il se concentre plutôt sur la création d’images et la recherche de son propre style. L’espace public ne l’intéresse que dans la mesure où il permet à ses œuvres d’être vues par le plus grand nombre.
TwoSeven finit par trouver son propre langage artistique, à travers une technique complexe et chronophage. Ne se contentant pas d’utiliser des pochoirs et de la peinture en aérosol, il commence par photographier ses sujets. Selon lui, rien ne vaut une balade à vélo dans une ville, la nuit, appareil photo à la main. Ses images vont au-delà de simples compositions vectorielles : il parvient à créer une tension visuelle captivante en associant une précision photographique à un rendu pictural, ponctué de projections et de coulures de peinture.
— Otso Kantokorpi